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Le syndrome des larmes de crocodile (encore !)

L’expression "des larmes de crocodile" fait référence aux larmes hypocrites que ces reptiles verseraient sur la mort des proies qu’ils dévorent malgré tout. Mythe ou réalité biologique ?

Pendant plusieurs siècles, la controverse n’a pas été tranchée avec précision. Bien entendu, on se doute que si les crocodiles pleurent, ce n’est pas de remord. En revanche, il est maintenant clairement avéré que certains d’entre eux sécrètent bien des larmes en mangeant. Pourtant cette croyance populaire profondément implantée dans notre imaginaire collectif reposait sur des observations naturalistes bien fragiles voire carrément fantaisistes remontant au moins au XIVe siècle.

Du botox pour les crocodiles ?

Tout est parti d’une question que se posait le neurologue Malcolm Shaner (Université de Californie, Los-Angeles) alors qu’il préparait une conférence sur un syndrome relativement rare. En effet, pleurer en mangeant n’est pas le propre des crocodiles ; ces larmes affectent un autre grand prédateur cynique : l’homme, encore que chez notre espèce ces pleurs en mangeant sont rarissimes et clairement pathologiques. Ils sont associés à une complication d’une paralysie faciale (Bell’s palsy) ou de certaines fractures de la face à proximité des ganglions lacrymaux : les malades pleurent eux aussi en mangeant. C’est le syndrome des larmes de crocodiles (CTS pour crocodile tears syndrome ou syndrome de Bogorad, du nom d’un médecin russe). Ces troubles nerveux sont parfois convenablement traités au moyen d’injection de toxine botulique, la célèbre neuro-toxine utilisée (sous le nom de botox) en injections locales à faible dose pour provoquer des paralysies musculaires ciblées et ainsi atténuer temporairement les rides des stars (et leur peau de vieux crocodile justement).

Pour les besoins de sa conférence, le professeur Shaner a donc voulu vérifier si la légende colportée partout à propos des larmes de crocodiles reposait sur une quelconque base biologique. Il s’est donc adressé à Kent Vliet, un zoologiste de l’université de Floride, spécialiste de la biologie des crocodiles.

Un manuscrit du XIVe siècle.

Bien qu’il semble exister quelques références plus anciennes, l’image populaire du crocodile versant des larmes hypocrites sur la mort de ses proies ne s’est vraiment répandue en Europe qu’à la suite de la publication du Livre des merveilles du monde du chevalier errant et explorateur liégeois Jehan de Mandeville (?-1372). Il s’agit d’une importante collection de manuscrits probablement rédigés autour de 1355 en français anglo-normand (ancienne langue parlée à la cour des rois d’Angleterre : "La Reyne le veult") à partir de sources disparates.

Jehan de Mandeville se disait chevalier anglais et son œuvre fût rapidement traduite outre Manche.

"En cette contrée et dans toute l’Ind se trouvait grande profusion de cocodrilles, une manière de long serpent, comme je l’ai expliqué plus haut. Et ils demeurent la nuit dans l’eau, et le jour sur la terre ou dans des grottes. Et ils ne mangent aucune viande de tout l’hiver mais au contraire, ils s’étendent rêveurs comme le font les serpents. Ces serpents s’attaquent aux hommes, et les dévorent en pleurant. Et alors qu’ils mangent, seule bouge leur mâchoire supérieure et jamais celle inférieure, et ils sont dépourvus de langue."

"Theise serpentes slen men, and thei eten hem wepynge", la légende commence avec cette seule phrase. Pourtant, il est à peu près avéré que Mandeville n’a pas poussé son voyage jusqu’en Inde où il situe son compte-rendu sur la biologie des crocodiles. Les chercheurs s’accordent aujourd’hui sur l’origine composite de son texte : Mandeville n’est probablement l’auteur direct que d’une toute petite partie des observations rapportées dans son livre. Beaucoup de passages sont plagiés ou entièrement recopiés sur les comptes-rendus de voyages d’autres explorateurs. La remarque de Mandeville sur les larmes de crocodiles était donc à prendre avec des pincettes !

La controverse

Mais au début de XVIIIe siècle, un médecin suisse, Johann Scheuchzer remarque l’extrême pauvreté des preuves de l’existence de telles larmes. En 1927, un scientifique anglais, John G Johnson, publie à la Royal Society de Londres une étude comparée des plusieurs reptiles sur la base d’examens ophtalmologiques. Il note au passage que l’application d’oignon sur l’œil sec des crocodiles ne les fait aucunement pleurer. Les cuisiniers le savent bien : certaines molécules produites par les oignons (comme les sulfates d’allyles ou l’oxyde de thiopropanthial) sont remarquablement lacrymogènes. Donc si les crocodiles ne pleurent pas quand on leur tartine l’œil d’oignon frais, c’est que définitivement ils ne peuvent pas pleurer. Le raisonnement est un peu simpliste mais il convainc à l’époque. La controverse commence à naitre.

Cerveau reptilien

Notre neurologue, Malcolm Shaner, est donc allé poser directement la question aux crocodiles de Kent Vliet : sous l’œil des caméras, ceux-ci se sont bel et bien mis à pleurer au moment de la mastication des repas. Pas des grosses larmes bien sûr : le plus souvent une légère humidité aux commissures des yeux, parfois quelques bulles de mucus comme sur la photo ci-contre : de véritables larmes de crocodiles ! La légende du moyen-âge disait donc vraie !

Reste l’explication anatomique ou physiologique de ce phénomène. Même si l’hypothèse purement neurologique (le parareflexe) n’est pas complètement exclue, il est possible que ces larmes soient simplement le résultat du passage de la nourriture au niveau de la trachée qui comprimerait les glandes lacrymale et en expulserait le mucus.


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