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Le pharmacien volant : Louis-Joseph Proust

CONNU pour sa découverte de la loi des proportions définies, il est un des grands savants de l’époque révolutionnaire. Disciple de Rouelle et protégé de Lavoisier, Louis-Joseph Proust n’est pas le plus connu de son temps, ce qui s’explique en partie par son séjour de plusieurs années en Espagne qui l’éloigna de la scène scientifique parisienne. Cependant, ses travaux permirent à la chimie moderne de franchir une étape décisive. La loi des proportions définies, qui édicte que lorsque deux corps purs s’unissent pour former un composé chimique défini, leur combinaison s’effectue toujours selon le même rapport pondéral, il est le premier à la découvrir en 1794. Un composé chimique contient donc toujours les mêmes éléments dans le même rapport de masse. Issue des recherches de Wenzel et Richier, cette loi, qui a valu à Proust une longue querelle scientifique avec Berthollet, dont il sortit vainqueur, est à la base de la théorie atomique. On l’a même parfois appelé « deuxième révolution chimique », après celle de Lavoisier. Si notre pharmacien avait pu comprendre combien sa découverte aurait d’incidence sur l’évolution de la chimie moderne, il en aurait été certainement très fier. Dans sa lignée, l’Anglais John Dalton théorisera la loi des proportions multiples.

Pharmacien jusqu’aux bouts des ongles, Louis-Joseph Proust ne théorisera ses recherches qu’après expérimentation. Son attitude d’« apothicaire » et son esprit éminemment analytique primeront toujours sur toute autre posture idéologique : l’important pour lui était de voir, de toucher, de mélanger, de peser, de compter, d’étiqueter  ! Cette rigueur, on la retrouve particulièrement présente durant son séjour à l’hôpital de la Salpêtrière, où il entra après avoir réussi, à tout juste 21 ans, le concours de pharmacien gagnant maîtrise, ce qui lui permit d’être pharmacien en chef de l’établissement. Il paraît même que de son laboratoire partaient toutes sortes de pétarades déclenchées par ses innombrables expériences, ce qui finit d’ailleurs par lasser l’administration de l’hôpital qui lui trouva un remplaçant. Après cette première étape professionnelle, notre jeune pharmacien part en Espagne où il va connaître, durant plus de vingt ans, une grande renommée.

Le cabinet des merveilles de Proust.

Il arrive en Espagne en 1787 pour prendre la chaire de chimie et de métallurgie de l’École d’artillerie de Ségovie, poste durant lequel il sera très aimé de ses étudiants. Puis, il est chargé par l’État de classer les nombreux échantillons de minéraux qui arrivaient d’Amérique et de toutes les provinces espagnoles au Cabinet Royal d’histoire naturelle à Madrid. Dans ce travail, il retrouve toute son âme d’apothicaire en collaborant avec des pharmaciens madrilènes pour étudier et répertorier les échantillons. De retour à Ségovie, il faut s’imaginer qu’il donnait ses cours sur le modèle de ceux de Rouelle, devenus célèbres dans toute la profession, les flacons de verre exposés devant lui, avec leurs contenants bien définis prêts pour les expériences qu’il enchaînait. Il réitérera devant la cour cette fois, avec plus de 400 expériences réalisées pour épater la galerie. Le roi Charles IV l’aimait tellement qu’il lui fit construire un laboratoire rempli d’une multitude d’ustensiles, tous en platine. À côté, les perles, les diamants et les pierres précieuses y tenaient une bonne place, formant un véritable petit cabinet des merveilles.

Cependant, cette période faste fut de très courte durée car, après les années révolutionnaires qu’il vécut de loin, ce fut au tour de Napoléon d’assiéger Madrid, alors que Proust venait de rentrer en France pour raison familiale. Impossible alors pour lui de retourner sur la terre espagnole, d’où on commençait déjà à murmurer qu’il n’était qu’un espion à la solde de la France. Son cabinet des merveilles fut pillé et saccagé. Contraint de rester en France, il se retira à Craon près d’Angers, sa ville natale, et reprit l’officine de son frère bien-aimé, Joachim, qui avait été son confident et son collaborateur durant de nombreuses années et dont la perte dut le toucher profondément.

Beaucoup moins actif, il ne souhaita plus se mêler aux débats scientifiques de la capitale auxquels il avait pourtant toujours participé avec ferveur, osant critiquer les plus éminents, comme Baumé, Macquer ou Fourcroy, ou en accuser d’autres de plagiats, comme Cadet de Vaux. Il participa tout de même, avec Parmentier (avec lequel il partagea un intérêt marqué pour la chimie alimentaire, cherchant notamment des moyens de subsistance appropriés en cas de famine), à essayer de trouver une alternative au sucre de canne qui n’arrivait plus en France, proposant le sucre de raisins, mais Napoléon trancha finalement pour le sucre de betterave.

L’aventure de la Montgolfière.

La vie de Louis-Joseph Proust fut bien remplie, autant en France qu’en Espagne, les deux pays se réclamant d’ailleurs des mérites du savant, ce dernier fut finalement élu à l’Institut de France, en 1816, sur l’insistance de Chaptal. Il fut applaudi pour ses nombreuses recherches qu’il aimait s’appliquer à lui-même. Ainsi, par exemple, testera-t-il par curiosité le protoxyde d’azote, plus communément appelé gaz hilarant, qui eut le mérite de le surprendre plus qu’il ne pensait. Mais on ne peut parler de Proust sans parler de sa passion pour les aérostats qui le mena à faire le premier vol de Montgolfière de l’histoire en 1784, aux côtés d’un autre pharmacien, Pilâtre de Rozier. À Versailles, devant toute la cour et le roi de Suède, les deux pharmaciens s’envolèrent dans la montgolfière « Marie-Antoinette » et parcoururent 52 km pour atterrir à Chantilly et entrer dans l’histoire. Quelle plus belle image pour symboliser la soif de liberté et le courage de notre pharmacien  ?

JULIE CHAIZEMARTIN

Quotidien du Pharmacien -avril 2014


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