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La vraie histoire du faux acacia de l’apothicaire Jean Robin

LES AMOUREUX s’embrassent, les étudiants lisent, les promeneurs lèvent le nez et les touristes prennent des photographies d’un des plus beaux points de vue sur la cathédrale Notre-Dame. Le square Viviani vit au rythme de la capitale depuis sa création, en 1928, sur le flanc nord de la petite église Saint-Julien-le-Pauvre. Le charme opère dans ce lieu ombragé, où dorment les ruines de vieux chapiteaux et où se croisaient jadis d’anciennes routes vers Compostelle, à l’endroit même d’une annexe disparue de l’Hôtel-Dieu. Seul veille encore aujourd’hui sur les siècles d’histoire de ce petit coin de Paris, un vénérable robinia pseudo-acacia selon la terminologie du grand Linné, si tordu qu’il ne peut se maintenir sans l’aide d’une structure en ciment et de cerclages venus soutenir sa fière carcasse.

« Faux » ou « Pseudo » parce qu’il ressemble à l’acacia et « robinier » car il porte le nom de l’apothicaire Jean Robin (1550-1629), qui fut le premier en France à s’intéresser aux plantes venues d’Amérique du Nord, à une époque où les regards se tournaient plutôt vers les plantes exotiques des mers du Sud. De sa vie, peu d’éléments nous sont parvenus, mais on sait qu’il fut reçu apothicaire et qu’il eut les faveurs de trois rois successifs, Henri III, Henri IV et Louis XIII, qui le reconduisirent dans son titre d’herboriste et botaniste du roi. Il est également mentionné comme directeur du Jardin de la Faculté de Médecine à partir de 1597, une fonction qui lui permit de former de jeunes apothicaires et herboristes, à commencer par son propre fils (qui prendra sa suite à la direction), Vespasien Robin, et un certain Jacques-Philippe Cornuti, l’auteur du premier livre des plantes du Canada, publié à Paris en 1635, dans lequel il décrit justement le robinier faux-acacia. Jean Robin cultivait également de nombreuses espèces dans un jardin plus confidentiel que celui de l’École de Médecine, où les dames de la noblesse venaient s’approvisionner, à la pointe ouest de l’île de la Cité, à l’emplacement de l’actuelle place Dauphine.

Témoin d’une époque.

C’est probablement dans ce jardin débordant de plantes médicinales qu’il planta le premier robinier, dont les rejets furent utilisés quelques années plus tard par son fils pour planter celui du square Viviani (ainsi qu’un autre au jardin des Plantes). Robin était donc, comme plusieurs autres savants de cette époque qui créèrent également leur jardin privé, un des précurseurs du futur jardin des Plantes médicinales ou Jardin du Roi, fondé par Guy de La Brosse, en 1626, par édit royal. De ce point de vue, le robinier faux-acacia du jardin Viviani, originaire de la région des Appalaches à l’Est de l’Amérique du Nord, fait figure de témoin privilégié d’une époque où la pharmacopée s’enrichit considérablement.

Jean Robin fait partie de ceux qui publient des traités sur les plantes médicinales et qui ont la curiosité des vertus que peuvent renfermer les espèces étrangères. Du robinier faux-acacia - dont le plant lui aurait été donné par son ami le naturaliste anglais John Tradescant le Vieux, qui avait voyagé jusqu’en Amérique du Nord - il put étudier son imputrescibilité ainsi que les vertus de ses fleurs parfumées comestibles d’où l’on tire aujourd’hui le fameux miel d’acacia.

Le père de tous les acacias.

Au-delà de cet aspect scientifique, l’histoire du robinier faux-acacia nous ramène à celle de la pharmacie, faite de voyages, de découvertes et d’expérimentations. Elle peut aussi nous rappeler celle du cèdre du Liban ramené par Jussieu en France, près d’un siècle plus tard. Jean Robin et son fils, comme en Angleterre les Tradescant père et fils (dont le cabinet de curiosité est à l’origine de l’Ashmolean muséum), avaient la passion de la collection et de l’inventaire. Vespasien Robin, complètement oublié aujourd’hui, fut le bras droit de Guy de La Brosse au Jardin du Roi et continua l’œuvre de son père en voyageant beaucoup, en Angleterre, Flandre, Allemagne, Italie et jusque sur les côtes d’Afrique du Nord et dans l’archipel des îles Bissagos au large de la Guinée-Bissau. Un certain nombre de plantes et fleurs inconnues qu’il rapporta en France sont reproduites dans Le Jardin du Roi de Pierre Vallet, publié en 1608, comme les narcisses, les cyclamens, les tulipes, la tubéreuse…

Aujourd’hui, le plus vieil arbre de Paris ne va pas bien et inquiète les services de la ville qui entretiennent les arbres remarquables. Chancelant, en mauvais état, dégarni, il a pourtant donné quelques fleurs ce printemps. Ce vétéran, s’il vient à mourir, pourra faire des petits pour perpétuer son histoire. Il fut le premier à avoir été introduit en France et l’on a coutume de dire qu’il est le père de tous les vrais et faux acacias d’Europe.

JULIE CHAIZEMARTIN Le Quotidien du Pharmacien - 28/5/2015


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