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LA VASTE FAMILLE DE BARBE

BERLIN. 1864. Comment Barbe, une martyre libanaise du IIIe siècle, décapitée par un père furieux de la découvrir chrétienne, est-elle venue désigner des médicaments qui comptèrent de véritables blockbusters des années vingt aux années cinquante  ? Ce secret fut emmené dans la tombe par Adolf von Baeyer (1835-1917, Prix Nobel de chimie 1905), le chimiste allemand qui nomma « barbiturique » l’acide nouveau, dérivé de l’urée, qu’il venait de produire. Baeyer le dédia-t-il à son amie Barbara  ? Arrosa-t-il sa découverte dans une taverne le 4 décembre, alors que des artilleurs y célébraient la sainte  ? L’acide tira-t-il son nom de l’aspect hirsute de ses cristaux  ?

Souvenir de Vérone.

La description du dérivé diéthyle de l’acide de Baeyer avait été publiée dès 1882 par Conrad et Gutzeit mais il dut son succès à un médecin allemand, Josef von Mering (1849-1908). Ayant observé que divers hypnotiques, comme le sulphonal, portaient un carbone di-éthylé, il imagina l’intérêt potentiel de ce composé et l’étudia avec un ami, Emil Fischer (1852-1919, Prix Nobel 1902), titulaire de la chaire de chimie organique à Berlin. C’est avec son neveu Alfred Dilthey que Fischer resynthétisa cette molécule puis prouva son extraordinaire pouvoir hypnotique en la testant sur le chien. Von Mering, alors en congrès à Vérone, proposa de nommer ce médicament Véronal. Le premier test fut réalisé sur l’homme par Hermann von Husen en 1904 : ce jeune psychiatre passionné par les troubles du sommeil s’autoadministra la drogue. Le médicament fut commercialisé la même année par les laboratoires Merck et Bayer. Après l’entrée en guerre des États-Unis en 1917, les produits chimiques sous licence allemande furent copiés par les alliés et l’acide diéthylbarbiturique fut alors appelé « barbital » aux États-Unis et « barbitone » en Angleterre.

Parmi les barbituriques produits alors, le phénobarbital, synthétisé en 1911 par Heinrich Hörlein (1882-1954), fut testé dès 1912 et de façon indépendante par Loewe, Juliusburger et Impens. Il fut commercialisé en Allemagne par Bayer en 1916 sous le nom de Luminal, puis en France sous celui de Gardénal. Sa demi-vie prolongée en fit un hypnotique de référence, mais, surtout, Alfred Hauptmann observa en 1912 que son administration à faible dose à des patients épileptiques insomniaques réduisait les crises convulsives : il constitua le premier médicament anticomitial.

Le butobarbital dut son développement à Chaïm Weizmann (futur premier président d’Israël) (1874-1952) qui obtint à l’échelle industrielle de l’alcool butyrique par fermentation bactérienne et permit de produire le butobarbital (Néonal). Les années 1920 virent commercialisés l’amobarbital (Amytal) et le sécobarbital (Séconal)  ; en 1930, le pentobarbital (Nembutal) révolutionna l’anesthésie par voie veineuse.

Les années clés des barbituriques

1864. Von Baeyer synthétise l’acide barbiturique.

1882. Synthèse de l’acide 5,5-diéthyl-barbiturique.

1903. Ce dérivé est commercialisé comme hypnotique (Véronal).

1904. Description de son pouvoir toxicomanogène.

1912. Le phénobarbital (Luminal, Gardénal) inaugure le traitement de l’épilepsie

Fin des années 1920. Usage de barbituriques administrés par voie veineuse (amobarbital, hexobarbital, pentobarbital) comme anesthésiques généraux.

Années 1930. Usage des barbituriques dans le traitement des psychoses.

1936. Un thiobarbiturique supplante les précédents barbituriques anesthésiques : le thiopental (Penthotal).

2001. Le phénobarbital n’est plus indiqué que dans le seul traitement de l’épilepsie en France.

Le quotidien du Pharmacien - 6 février 2014


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