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La Saga des marques

LA SAGA DES MARQUES

Éther Gifrer, un centenaire cultissime

Pendant près d’un siècle, l’éther en France n’a répondu qu’à un seul nom, celui de Gifrer. Solidement ancrée dans la mémoire populaire, la marque culte est à l’image de ceux dont elle porte le patronyme : des hommes aux liens indéfectibles, fraternels pour les frères Gignoux, filiaux pour les Barbezat, Marc et son père Paul-Louis, dont l’unité a permis d’ériger un des plus grands fabricants en antiseptiques de tout l’Hexagone.

ANCESTRAL, c’est un des adjectifs qui, sans aucun doute, pourra le mieux qualifier l’éther diéthylique. La réaction chimique qui permet d’obtenir la molécule est, en effet, connue depuis la fin du Moyen-Âge. Elle résulte de la mise en contact de deux substances, de l’alcool, sous forme de vapeur, et de l’acide sulfurique, qui, par effet de condensation, produisent de l’éther. Mais le procédé n’est réalisable que par le truchement d’un appareil spécifique nommé étherificateur. Or l’étonnante machinerie fait justement partie du « trousseau » que laisse sur son site de Décines, près de Lyon, la Société générale des films lorsqu’elle fait faillite, au début du XXe siècle. L’étherificateur n’est cependant pas le seul abandonné puisque l’accompagnent, notamment, un atelier de nitration du coton pour la nitrocellulose, ainsi que des malaxeurs pour les collodions industriels. Bref, tout un équipement prêt à servir toute vocation dont la finalité serait chimique. Et pour cause  ! La cité aux deux fleuves et ses environs ne sont-ils pas intimement liés à l’expansion de l’industrie chimique en France  ? L’acide sulfurique, utilisé au milieu du XIXe siècle pour blanchir les fils de soie avant le tissage, est d’ailleurs une des substances phares qui va initier la spécialisation en matière chimique de toute la région. En témoignent quelques grands industriels dont les noms resteront ancrés dans l’histoire lyonnaise – et française – tel que celui des frères Perret dont l’usine de Saint-Fons deviendra la première productrice française d’acide sulfurique, ou celui des frères Lumières dont l’implication dans l’industrie photographique et cinématographique n’est plus à présenter.

Trio de tête.

Ces carrières exemplaires inspirent-elles les frères Gignoux, Albert et Georges, et leur nouvel associé, Paul-Louis Barbezat, lorsqu’ils acquièrent, en 1912, le site de Décines et toutes les installations qui s’y trouvent  ? Leur objectif est simple : y établir la toute jeune société Gignoux Frères & Cie, dédiée à la fabrication et à la vente de produits chimiques et de spécialités pharmaceutiques. Un projet face auquel les associés ne se présentent pas les mains vides, les premiers apportant dans leurs bagages les procédés de fabrication de l’eau oxygénée, ainsi que des extraits pharmaceutiques (sirops), le second rien de moins qu’une formation d’ingénieur chimiste. D’emblée, le trio réactive la fabrication de l’éther, de la nitrocellulose et des collodions alcool-éther, tout en relançant la production d’eau oxygénée et d’extraits pharmaceutiques. Au catalogue de l’entreprise figurent, en outre, eau de Cologne, alcool, alcool camphré, eau distillée, teintures, sucs végétaux, extraits fluides, mais aussi pâtes pectorales, sparadraps, emplâtres, ouate thermique, coton iodé… Inutile, à l’époque, d’entrer dans un cadre réglementaire pour ces substances qui sont commercialisées en tant que produits industriels.

L’éther ne fait pas exception, et c’est sous deux formes qu’il est alors dispensé, l’une standard, communément désignée comme éther rectifié, l’autre plus pure – dénuée de traces d’aldéhydes, d’eau ou d’alcool – qualifiée d’éther officinal. Celui-ci a un effet anesthésique et est employé en tant que tel sur l’être humain. L’éther rectifié, en revanche, est un désinfectant des petites plaies et, de ce fait, un grand familier des armoires à pharmacie d’avant-guerre. Il agit par réduction de la flore cutanée transitoire et par action antiseptique sur certains germes (Pseudomonas et E.Coli, selon une étude de Gardener, en 1948). Ses propriétés sont également très appréciées des hôpitaux, qui l’utilisent pour la désinfection des champs opératoires. Deux autres éléments, intimement liés, vont cependant contribuer à forger la renommée du produit, lui permettant d’entrer définitivement dans l’histoire de la pharmacie française. Sa marque, Gifrer - qui empreinte aux noms Gignoux Frères leurs premières syllabes - dont la société use abondamment en l’apposant d’ailleurs à quantité de substances qu’elle produit  ; son conditionnement, fait d’un flacon en verre bleu, teinté dans la masse avec du cobalt, absolument unique. Présentée dès 1930, la fameuse bouteille permet de préserver l’éther de la lumière. Par association, sa couleur bleue évoque le froid ressenti à l’application du produit et son modèle déposé la protège de toute imitation. Une sage précaution puisque le produit en habit bleu va, au fil du temps, tutoyer le mythe  !

Émergence.

Pour autant, la destinée de l’antiseptique sera ponctuée de multiples changements. De statut, tout d’abord. En 1949, selon le Codex, l’éther est soumis à une autorisation de débit en tant que produit sous cachet et, de ce fait, est enregistré auprès du service central de la Pharmacie à Paris. La société Gignoux Frères & Cie prend alors le nom de Gifrer Barbezat. C’est le début d’un processus qui va voir l’activité industrielle du fabricant (peintures et vernis, produits chimiques) marquer le pas pour laisser toute sa place au pôle pharmaceutique jusqu’ici responsable des trois-quart du chiffre d’affaires de l’entreprise. Plus tard, dans les années 1990, c’est un laboratoire à part entière, dirigé par des pharmaciens soucieux des bonnes pratiques de fabrication et empreints de discipline et de rigueur, qui revendiquera le nom de Gifrer Barbezat. Entre-temps, l’éther est conditionné à hauteur de 10 000 litres par jour et bénéficie successivement d’un visa, délivré par le ministère de la Santé, qui se transforme, dès 1982, en AMM. Deux ans plus tard, le produit est inscrit au tableau C des substances vénéneuses et soumis à prescription médicale obligatoire non renouvelable en raison de « la gravité et l’ampleur des toxicomanies dues à l’usage par inhalation de l’éther dont la vente libre et sans aucun contrôle autorise tous les abus ». En 1999, celui dont la marque Gifrer est la seule détentrice, abandonne son habit de verre bleu pour un flacon incassable, en métal muni d’un embout « pissette ». Son indication thérapeutique se transforme également et voue le produit au « dégraissage de l’épiderme et nettoyage de la peau, notamment dans les cas de substances difficilement solubles dans l’eau ou l’alcool (pommade, sparadrap) ». Un positionnement logique face à la multiplication d’antiseptiques très performants dont Gifrer se fait rapidement le porte-drapeau, constituant une gamme complète de molécules : alcool éthylique, alcool modifié, chlorhexidine (Dosiseptine), dérivé chloré (Amukine), eau oxygénée, hexamidine (Hexaseptine), cétrimide (Stérilène).

La marque, qui appartient désormais au laboratoire Qualiphar, n’est plus en situation de monopole pour la vente d’éther et l’usage du produit, dans sa majorité, est limité au domaine hospitalier, clinique et aux cabinets médicaux. Mais le flacon en verre, son bleu intense et son estampille Gifrer, restent indissociables de la substance et indélébiles dans la mémoire populaire. Loin d’effacer son souvenir, l’année 2012 devrait d’ailleurs le renforcer encore puisque Gifrer fête son centième anniversaire en éditant, notamment, une série limitée de ses écrins de verre originaux dont le contenu, cette fois, est floral…

ANNE-SOPHIE PICHARD

Le Quotidien du Pharmacien du : 08/11/2012


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