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LA POUDRE DE SYMPATHIE QUI GUERIT LES PLAIES A DISTANCE.....

« Faire bouillir dans du vin rouge les graisses d’un verrat et d’un vieil ours. Recueillir la graisse surnageant. Mélanger et broyer de la poudre de vers rôtis, de la cervelle de sanglier séchée, du bois de santal rouge, de la mumie transmarine, des hématites et le crâne d’un homme mort par violence, d’un pendu s’il se peut, lequel a été raclé lorsque la Lune est à son croissant & en bonne maison, s’il se peut à la maison de Venus non de Mars ny de Saturne (…) »  : ces ingrédients, dont les qualités intrinsèques étaient soumises à des influences astrales, entraient dans la formulation d’un vulnéraire dont l’alchimiste allemand Oswald Croll (1560-1609) détaille, dans sa Basilica Chymica de 1608, la fabrication selon une méthode inspirée par l’« onguent armaire » ou « onguent d’arme » de Paracelse. Et de préciser que cette médecine « n’est pas magie noire comme croyent quelques sots et ignorants », même si elle se parait d’une réputation miraculeuse puisqu’elle permettait de guérir les blessures par arme blanche… à distance - et même à grande distance (200 lieues  !) - : elle s’appliquait directement sur l’arme, sur un pansement taché par le sang de la blessure ou sur un bâton simplement passé au-dessus de la plaie, cette dernière ne requérant d’autre soin que d’être maintenue propre et convenablement pansée. Les controverses entourant l’usage des vulnéraires agissant à distance portaient moins au XVIIe siècle sur leur efficacité, acquise pour tous ou presque, que sur le mécanisme de leur action : y avait-il ou non magie, et leur usage était-il donc ce sens licite ou non  ? Pour le médecin allemand Rudolf Goclenius (1547-1628), pour le Néerlandais Jean-Baptiste Van Helmont (1579-1644) comme pour nombre de leurs contemporains, la force de ce type de médicament reposait sur le magnétisme animal que possède tout corps et non sur des influences astrales occultes comme le prétendait l’Anglais Robert Fludd (1574-1637).

Les esprits du vitriol

Plus particulièrement, Kenelm Digby (1603-1655), un philosophe anglais aux talents multiples (il est tenu comme l’inventeur de la bouteille de vin moderne  !), ami de Descartes, mit tout en œuvre pour convaincre les lecteurs de son célèbre Discours touchant la guérison des Playes par la Poudre de Sympathie (plus de vingt éditions à partir de 1658) que l’activité de ladite Poudre, une formule à base de vitriol vert (sulfate de fer) et de vitriol blanc (sulfate de zinc) calcinés, elle aussi efficace à distance, résultait d’un phénomène rationnel qu’il prétendait être le seul à expliquer et qui ne pouvait être suspecté d’une quelconque influence astrale. Il en voulait pour preuve la guérison de James Howel (1594-1666), secrétaire du Duc de Buckingham, dont le poignet, coupé jusqu’à l’os guérit instantanément lorsque Digby traita la jarretière ayant servi de premier bandage par la fameuse Poudre : les atomes de lumière avaient dynamisé les atomes de sang de la jarretière sachant que « les esprits du vitriol incorporés avec le sang ne peuvent manquer de faire le mesmes voyage avec les atomes de ce sang ». La blessure avait donc attiré par sa chaleur le sang et le vitriol : le sang avait pu réintégrer sa place d’origine et les « esprits vitrioliques » avaient réparé la plaie si bien qu’Howel en ressentit sans tarder les bienfaits : « Il me semble qu’une fraîcheur agréable, comme si c’était une serviette mouillée & froide, s’épand sur ma main, ce qui m’a osté toute l’inflammation que je sentois (…) ».

Il est aujourd’hui amusant d’observer que le célèbre apothicaire français Nicolas Lemery (1645-1715) souligna dans la sixième édition de son Cours de Chymie (1686) que les expériences destinées à prouver les effets de la Poudre de Sympathie n’avaient pas toujours été faites « de bonne foi », mais n’en avança pas moins que les explications de Digby étaient « raisonnables ». Prudent, il ajouta néanmoins : « Au reste, je ne conseillerois point à un blessé de faire fond sur un remède de cette nature, car pour une personne qui en aura reçu du soulagement, il y en aura cent qui n’en auront pas aperçu l’effet ».

Le Quotidien du Pharmacien du 22 février 2018


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