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Émile Coué : aux sources du psychisme humain

« TOUS LES JOURS, à tous points de vue, je vais de mieux en mieux. » C’est la phrase que le pharmacien Émile Coué préconisait à ses patients de répéter plusieurs fois, convaincu que notre psychisme a une influence sur notre corps dans le processus de guérison. Mais il ne s’agit pas d’une question de volonté mais plutôt de foi et d’imagination. Il faut que notre cerveau se représente qu’il n’a plus mal et, pour arriver à ce résultat, la méthode d’autosuggestion consciente d’Émile Coué fut la meilleure au début du XXe siècle. Cependant, elle a vite été dénigrée à la mort de son inventeur, taxée de simpliste et même de charlatanisme. Elle tend pourtant à refaire surface avec les partisans, de plus en plus nombreux, de la pensée positive. Alors, pour ou contre la méthode Coué  ?

Le pharmacien « guérisseur ».

L’histoire a commencé dans l’officine d’Émile Coué, à Troyes, dans les années 1880. Le jeune homme fraîchement diplômé « pharmacien de 1re classe » observe ses « clients-patients » et constate que ses phrases rassurantes soulagent autant, si ce n’est plus, que les médicaments qu’il délivre. Un jour, devant l’insistance d’une malade pour obtenir un médicament dont elle n’avait pas l’ordonnance, il finit par lui donner de l’eau distillée qu’il fait passer pour le médicament. La femme revient quelque temps plus tard ravie et s’affirmant guérie. Coué découvre à ce moment la force de l’effet placébo. Cet événement changera à jamais sa vision du processus de guérison.

Ces bienfaits sur les âmes malades attirent une clientèle de plus en plus curieuse et pressée de demander conseil à ce mystérieux pharmacien « guérisseur » du corps et de l’esprit. Certains vont jusqu’à penser à de véritables miracles lorsque le pharmacien réussit par le simple enchantement de sa parole à guérir les troubles nerveux, l’asthme, l’eczéma, l’entérite, la sinusite, la constipation, les rhumatismes, et même la tuberculose, la goutte et la paralysie. En cette fin de siècle percluse de maux en tout genre, la pharmacie de Coué ne désemplit pas.

De l’hypnose à l’autosuggestion consciente.

Au-delà de prodiguer de simples conseils, en bon scientifique qu’il est, Émile Coué souhaite établir une méthode d’autosuggestion expérimentale, favorisant la guérison lorsque le mal peut se soigner. Notre pharmacien se met alors à se renseigner sur la pratique de l’hypnose déjà utilisée par le Dr Liébeault et tous les tenants du mesmérisme. À cette époque, les scientifiques commencent à s’intéresser à l’inconscient à travers la mise en sommeil des patients et cherchent à expliquer rationnellement l’action thérapeutique de l’état hypnotique. Au début, Liébeault n’est pas reconnu par l’Académie des Sciences, jusqu’à ce que le Pr Bernheim, de Strasbourg, fasse connaître ses expériences en milieu hospitalier. Bientôt, tous deux créent l’École de Nancy qui officialise l’hypnose comme pratique scientifique thérapeutique s’opposant à l’École parisienne de la Salpêtrière dont le maître à penser est le grand Dr Charcot, qui ne voit dans l’hypnose qu’un moyen de diagnostiquer ses patients atteints d’hystérie. L’engouement pour le magnétisme et l’hypnose est à son apogée. Même Freud passe du temps auprès de Bernheim, en 1889, pour comprendre les mystères du psychisme humain.

La principale affirmation de l’École de Nancy est de dire que l’hypnose met le patient dans un état de suggestion qui lui permet de croire, par le pouvoir de son imagination, à sa guérison. Et ça marche  ! Les guérisons pour le moins inattendues se succèdent  ! Ce principe va particulièrement intéresser notre pharmacien qui viendra lui aussi poser ses valises à Nancy.

Le succès de la méthode Coué.

Émile Coué reçoit dans sa maison nancéenne lors de séances collectives qu’il ne fait pas payer. Il abandonne petit à petit l’hypnose pour se concentrer sur la pratique de l’autosuggestion consciente qu’il met au point en s’inspirant des méthodes de relaxation nord-américaines, notamment celle de Xénophon La Motte Sage, président de l’Institut des Sciences de New York. Sa maison de Nancy devient, à la veille de la Grande Guerre, un lieu de spectacle et de guérisons miraculeuses dont tout le monde parle. Notre pharmacien s’inscrit à la Société de Psychothérapie de Paris et décide de donner des séances publiques dans plusieurs villes. France, Allemagne, Angleterre, Autriche, Suisse, États-Unis, le monde entier parle d’Émile Coué. Le pharmacien est accueilli partout par des foules enthousiastes. La presse est dithyrambique. Bientôt, des instituts « Coué » se créent à Londres, Paris et New York. En 1921, le succès arrive grâce à la publication de son ouvrage « La maîtrise de soi-même par l’autosuggestion consciente », qui est traduit en plus de vingt langues et réédité plus de soixante fois.

Cependant, à sa mort en 1926, la méthode Coué est vite oubliée dans une France cartésienne, alors qu’elle continue de faire des adeptes aux États-Unis, en Angleterre et en Allemagne où est favorisé l’esprit optimiste du bien-être corporel, du développement personnel et même de la réussite entrepreneuriale à l’américaine. Mais aujourd’hui, les choses n’ont-elles pas changé  ? Il n’y a qu’à voir autour de nous le succès du coaching, des méthodes de développement personnel ou de la sophrologie. Rendons hommage à Émile Coué, pharmacien hors du commun, qui soulagea de nombreux malades en explorant leur psychisme. Il n’était pas un faiseur de miracles, il avait juste compris l’action du cerveau sur le corps. Aujourd’hui, que ce soit dans le domaine des maladies psychosomatiques ou du bien-être en général, notre pharmacien est plus d’actualité que jamais. Rien de telle qu’une bonne dose d’optimisme pour se sentir mieux  !

Voici la méthode Coué : « Tous les matins, au réveil, avant de vous lever et tous les soirs, aussitôt au lit, fermez les yeux et, sans chercher à fixer votre attention sur ce que vous dîtes, prononcez vingt fois de suite avec les lèvres, assez haut pour entendre vos paroles et en comptant machinalement sur une ficelle munie de vingt nœuds, la phrase suivante : Tous les jours, à tous points de vue, je vais de mieux en mieux. »

JULIE CHAIZEMARTIN

Le Quotidien du Pharmacien du 20 février 2014


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