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Dans les petits papiers d’Arménie

Il est fait de papier et porte bien son nom… Car le pays qui lui a inspiré ses essences est l’Arménie. Un territoire à la forte identité auquel il ne cesse, par le seul fait de son existence, de rendre hommage en perpétuant son nom. Le Papier d’Arménie, en effet, n’aurait jamais vu le jour si Auguste Ponsot, chimiste de profession, n’avait choisi l’Arménie comme destination de voyage en cette fin de XIXe siècle. L’homme est observateur et, au cours de ses promenades, il ne tarde pas à relever une curieuse habitude que semble partager la population locale : pour parfumer et désinfecter l’atmosphère des maisons, les habitants font brûler une substance que le chimiste identifie comme étant du benjoin. Cette résine, issue d’un arbre, le styrax, qui peuple les forêts d’Extrême-Orient, contient environ 25 % d’acide benzoïque aux propriétés antiseptiques. Mais là n’est pas son seul atout puisque, sous forme de baume, la précieuse sève dispose également d’effets cicatrisants et expectorants connus depuis l’antiquité.

Appliquée par voie externe, la préparation servait à traiter l’asthme, la toux et les enrouements, mais certains lui prêtaient aussi des vertus psychiques, notamment en matière d’équilibre émotionnel. Celle-ci n’est cependant pas la première des propriétés qui interpelle Auguste Ponsot quand il imagine rapporter la résine de benjoin en France. Ce qui, légitimement, séduit le chimiste c’est l’idée de transmettre à ses compatriotes une pratique traditionnelle, écologique et porteuse de bien être. Les « larmes » que forme la sève en s’écoulant de l’écorce du styrax sont en effet imprégnées d’un parfum très agréable aux notes sucrées, à la fois vanillées et balsamiques.

Six mois d’élaboration De retour en France, Auguste Ponsot fait part de sa découverte à son associé, le pharmacien Henri Rivier. Interpellé par cette trouvaille, ce dernier imagine une solution qui permettrait à l’odeur trop éphémère de la résine en combustion de perdurer quelque temps dans l’atmosphère. Pour obtenir une odeur durable il faut dissoudre le benjoin dans de l’alcool à 90°. Reste à trouver le support qui libérera le parfum en continu. C’est le papier buvard, capable d’absorber le mélange tout en conservant l’odeur originelle du benjoin, qui sera élu. Le matériau, en outre, permet une combustion lente sans produire de flamme. Le principe du papier, que ses inventeurs nomment très logiquement d’Arménie, vient de naître  !

Il faut désormais l’appliquer et le reproduire. Ce n’est pas chose facile car le process de fabrication n’est ni rapide ni simple. Il comprend plusieurs phases, dont la première consiste en la dissolution du styrax officinal. Pendant deux mois, la meilleure résine de benjoin est dissoute dans l’alcool – deux tonnes de « larmes » sont aujourd’hui importées tous les ans en France. Puis le mélange, additionné de parfums, vient imprégner des feuilles de papier buvard selon un procédé entièrement manuel. À la phase de trempage succède le séchage des feuilles qui par la suite sont placées sous une presse pendant un mois. Au total, la production du Papier d’Arménie nécessite six mois de travail aux termes desquels les feuilles pourront être perforées, découpées et assemblées en petits carnets, chacun composé de trente-six bandelettes prédécoupées. Facilement détachables, il suffira de brûler une seule d’entre elles, préalablement pliée en accordéon et déposée sur un support résistant à la chaleur, pour assainir et parfumer l’atmosphère. Le papier pourra également produire ses effluves sans être brûlé mais simplement en étant déposé dans une armoire ou un tiroir. La première version du Papier d’Arménie est lancée en 1885. Encore faut-il offrir au produit et à son procédé la notoriété qu’ils méritent. Un objectif que l’époque, riche en événements culturels, va permettre de remplir. Il se trouve que, en 1888, une exposition se tient sur le thème de l’hygiène. Elle sera suivie, un an plus tard, par une des éditions de l’Exposition universelle. Quel cadre plus parfait pouvait-on imaginer pour démontrer les propriétés du Papier d’Arménie  ?  ! Auguste Ponsot et Henri Rivier ne laisseront pas passer l’occasion.

La preuve sous cloche

Persuadés des capacités antiseptiques de leur invention, les deux associés organisent une expérience simple mais spectaculaire. Ils placent des morceaux de viande sous deux cloches en verre mais agrémentent l’une d’entre elles de papier d’Arménie en combustion. Au bout d’une semaine, la viande ayant « respiré » les effluves du papier est encore consommable alors que la cloche voisine n’abrite qu’une matière faisandée. Concluante, l’expérience l’est au-delà de toutes espérances. En outre, elle a été vue de tous. Dès lors, la réputation du précieux papier ne va faire qu’embellir. C’est l’officine qui, dès son lancement, assure la distribution des petits carnets à brûler au grand public mais bien vite le Papier d’Arménie – nommé par la suite Carnets Triple - va envahir l’imaginaire collectif et inscrire son nom au registre des marques historiques.

Il sera notamment cité dans un des dialogues du roman « Les allumettes suédoises » de Robert Sabatier et figurera dans la liste des « Petits papiers », la chanson de Régine écrite et composée par Serge Gainsbourg. À cette époque, la société Papier d’Arménie a depuis longtemps échu à la seule famille Rivier, Auguste Ponsot ayant revendu ses parts de l’activité à son associé dès 1890. C’est cependant la seule cession que connaîtra l’entreprise puisqu’elle est, à ce jour encore, dirigée par l’arrière-petite-fille d’Henri Rivier, Mireille Schvartz. Sous son impulsion, la gamme Papier d’Arménie va considérablement s’étoffer. Seuls représentants de la marque pendant plus d’un siècle, les Carnets Triple vont voir apparaître, en 1996, un brûleur Étoile d’Arménie. Objet de décoration permettant aux bandelettes de diffuser leur parfum, il sera décliné en huit coloris. Dix ans plus tard, c’est au carnet Arménie de voir le jour. Ses feuilles aux senteurs d’encens et de myrrhe agrémentées de notes boisées et vanillées sont le fruit de la rencontre que fait Mireille Schvartz avec un parfumeur de renom, Francis Kurkdjian. Aux carnets La Rose, le créateur offrira d’autres fragrances issues des roses de Turquie et d’Iran auxquelles il mêlera des accents miellés. À partir de 2007, des bougies rappelant l’univers olfactif des trois éditions du Papier d’Arménie – carnets Triple, carnets Arménie, carnets La Rose – viendront élargir une gamme déjà composée des papiers et de brûleurs. Par ailleurs, carnets, bougies et brûleurs feront l’objet de différentes compositions présentées sous la forme de coffrets découverte, kits de voyage et boîtes de collection. En 2015, la marque fête ses 130 ans en lançant un cahier parfumé aux premières senteurs du Papier d’Arménie composé de 72 pages réservées aux notes et quatre pages de bandelettes Tradition à brûler. L’année suivante, des coffrets Vintage (Traditionnel, Arménie, La Rose) inspirés du style graphique de l’époque seront présentés. Forte de ses inventions, à la fois moderne et résistante, la marque aura su insuffler au troisième millénaire un certain art de vivre à la façon Belle Époque, un air du temps qui se respire sans fin.

Le Quotidien du Pharmacien - 5 avril 2018


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