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Coalgan, l’aventure du médicament textile

LE MILIEU du XXe siècle n’est pas franchi que Pierre Brothier, pharmacien d’officine exerçant dans le 14e arrondissement de Paris, décide de se lancer dans l’aventure entrepreneuriale. Son objectif est à la fois simple et très ambitieux. Simple puisqu’il entend fonder un laboratoire pharmaceutique portant son nom, ambitieux parce que le premier produit qui sera le fruit de cette entreprise est complexe à fabriquer et difficilement transposable à l’échelle industrielle. C’est à l’alginate de calcium que le pharmacien s’intéresse. Ce biopolymère a en effet plus d’une propriété susceptible de présenter un intérêt en matière de traitement des plaies.

À commencer par sa teneur en ions calcium – essentiels au fonctionnement de l’organisme et parties intégrantes de nombreux processus tels que la contraction musculaire, la pression artérielle, la fécondation… Au contact des plaies, les fibres d’alginate libèrent leurs ions calcium et se chargent en ions sodium présents dans le sang, figurant ainsi l’échange ionique. Les ions calciums libérés favorisent l’agrégation des plaquettes et la formation d’un caillot sanguin. Indolore, la réaction a pour effet d’arrêter le saignement. Elle permet également de stimuler les cellules clé de la cicatrisation. La capacité d’absorption du biopolymère est, par ailleurs, très importante puisqu’il peut emmagasiner dix à quinze fois son poids par diffusion passive et par capillarité.

La fibre textile.

Les propriétés biologiques de l’alginate de calcium sont bien connues et déjà exploitées dans toutes les situations qui requièrent une solution rapide aux petits saignements. Les solutions d’alginate de sodium et de chlorure de calcium, répandues sur une zone hémorragique, donnent de bons résultats hémostatiques. Cependant le caillot sanguin formé reste fragile. D’autres procédés permettent aussi de juguler le saignement, bistouri électrique, éponge de fibrine ou gélatine, tamponnement par mèche, cellulose oxydée… Cependant, ils sont difficilement stérilisables et sont incompatibles avec les antibiotiques.

Autant de raisons qui conduisent Pierre Brothier à imaginer un alginate insoluble qui permette de tamponner solidement la zone hémorragique grâce au développement du bio polymère sous forme de fibres soyeuses. Celles-ci fourniront un matériel d’hémostase excellent car elles sont solides, se tassent et se stérilisent facilement. De plus elles sont compatibles avec les antibiotiques. Convaincu du bien fondé de son raisonnement, Pierre Brothier s’attache à sa concrétisation. Pour ce faire, il se tourne vers sa région natale, la Touraine. Le savoir faire textile y est historique avec l’implantation de plusieurs grandes manufactures sur son territoire : première manufacture de soie fondée à Tours en 1470 par l’entremise de Louis X, la ville de Cholet témoignant aussi d’un riche passé - depuis le XVe siècle - en matière d’industrie textile, tout comme la ville d’Angers à partir du XVIIe siècle. Pourquoi, dès lors, ne pas transformer l’alginate de calcium en le présentant sous forme d’un médicament textile capable de répondre aux besoins d’une hémostase rapide et durable  ? C’est l’objectif que va poursuivre Pierre Brothier. C’est également ce qui oriente son choix géographique pour l’implantation de la future unité de production. L’industriel décide de s’établir à Fontevraud l’Abbaye, près de Saumur. Un choix doublement justifié : d’une part, les côtes bretonnes, où l’on puise l’algue brune, matière première de l’alginate de calcium, sont proches  ; d’autre part, le site recèle une eau pure indispensable au processus de fabrication du biopolymère.

Coalgan est lancé en 1949. Son statut de médicament hémostatique, son principe actif végétal et sa forme de ouate - qui prendra plus tard celle de mèche et de compresse - le propulsent immédiatement au rang de pionnier mondial des alginates de calcium. Hasard du calendrier ou preuve de l’intérêt que suscite le biopolymère, le lancement est effectué la même année qu’une communication faite par un éminent chirurgien, le Pr Jean Gosset. Celui-ci reconnaît l’efficacité hémostatique et cicatrisante de l’alginate de calcium devant l’Académie de chirurgie : « Sous forme de ouate, les fibres d’alginate de calcium fournissent un matériel d’hémostase excellent… ainsi que dans la cicatrisation des plaies », déclare-t-il avant de conclure « Nous croyons que l’alginate de calcium offre un intérêt et que sa préparation à l’échelle commerciale mérite d’être tentée… » Et Coalgan de surfer sur la vague…

Dans un premier temps, le médicament investit les officines et les cabinets de médecine générale, avant d’être diffusé auprès des cabinets dentaires, en hémodialyse et auprès des hôpitaux. Ses indications sont les saignements des plaies superficielles, les saignements de nez, l’hémostase après petite chirurgie, des applications qui vont rapidement inclure l’hémostase après extraction dentaire et l’hémostase des points de ponction.

Niveau d’excellence.

Rien d’étonnant à ce que les utilisations de Coalgan se multiplient. Outre ses capacités en matière d’hémostase et de cicatrisation, il présente l’avantage d’être atraumatique et indolore au moment du retrait. En effet, l’échange ionique calcium/sodium qui a lieu au contact de la plaie, produit une gélification de ses fibres et occasionne la création d’un agrégat qui ne colle pas aux tissus soignés et permet de prévenir tout nouveau saignement quand la ouate est retirée. L’ensemble de ses propriétés a permis au dispositif de ne jamais être impliqué dans un événement indésirable ou un phénomène d’allergie au cours de son existence. C’est donc en totale sécurité qu’il peut être utilisé par tous, enfant, femme enceinte et sujet âgé y compris.

Depuis plus de 65 ans, Coalgan est reconnu comme un hémostatique de choix. Dès 1962, il est inscrit sur la liste des médicaments remboursables de la classe hémostatique. Un statut qu’il va conserver jusqu’en 1998, année où il devient un dispositif médical sous l’effet de la législation européenne qui impose à tous les produits frontières d’adopter cette identité. Le Laboratoire Brothier obtiendra cependant le marquage CE confirmant les indications hémostase et cicatrisation de son « pansement » pionnier. Entre-temps, celui-ci aura trouvé sa place au sein des services d’hémodialyse, devenant une référence pour l’hémostase des points de ponction à l’hôpital. À la même époque, le site de production de Fontevraud fait peau neuve. Les procédés de textilisation sont rénovés pour offrir à la fibre d’alginate une plus grande finesse et une meilleure résistance. Les chaînes industrielles se perfectionnent pour améliorer la pureté de la matière première. Autant d’échelles qui vont permettre à Coalgan d’atteindre les plus hauts niveaux d’excellence, comme en témoignent les débuts du troisième millénaire.

En 2006, le dispositif est lancé sur le marché américain sous le nom de NasalCease après approbation de la Food & Drug Administration. Deux ans plus tard, c’est sous forme de compresse - Coalgan H - qu’il investit les hôpitaux français. En 2011, la Haute Autorité de santé le reconnaît et le cite comme nom de marque pour le traitement des épistaxis et autres saignements cutanés et muqueux chez les patients ayant un trouble de l’hémostase. La même année, il obtient un brevet de process en tant qu’innovation technologique aux États-Unis, le propulsant, 62 ans après son lancement, sous les feux de l’actualité médicale. Unique en son genre, il est l’expression de l’esprit de recherche dont les équipes du Laboratoire Brothier ne se départissent pas, habituées à relever quotidiennement le défi de transformer une solution d’alginate en fibres pour les « textiliser » en compresses, mèches, gaines, sans que cela n’altère la molécule d’origine. Une accoutumance au défi qui les a conduits à concevoir et mettre sur le marché le premier alginate de calcium résorbable et implantable. Une véritable ode aux remarquables propriétés physico-chimiques et biologiques du biopolymère, qui n’a pas fini de révéler ses capacités pour répondre aux exigences des professionnels de santé et des patients.

Le Quotidien du Pharmacien.

6 mars 2014


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