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Camphre : de la peste noire au dopage

Substance végétale anciennement connue et appréciée, il est fait allusion à l’usage du camphre dans des textes chinois du IIe siècle ainsi que dans la compilation médicale d’un médecin grec du VIe siècle, Aetios d’Amida. C’est la diffusion des traités de médecine gréco-arabe, au XIIe siècle qui fit connaître le camphre dans l’Europe entière : dès le Moyen Âge, il était considéré comme une marchandise de valeur vantée notamment par Paracelse pour traiter les maladies dites « chaudes ».

Longtemps, le terme de camphre désigna une poudre blanchâtre que l’on trouvait dans les interstices de l’écorce du camphrier (Cinnamomum camphora, une Lauracée d’Extrême-Orient proche du cannelier), de Dryobalanops sp. et de Blumea balsamifera mais, de nos jours, seule est dite « camphre » la substance extraite du camphrier. Ce nom dérive de l’arabe al kafur issu lui-même du malais kapur barus : la craie (eût égard à sa couleur) de Barus (port de la côte ouest de Sumatra d’où était exporté le camphre provenant du Japon et de Chine).

Au XIIIe siècle, les propriétés antiseptiques du camphre furent exploitées pour traiter les blessures et purifier l’atmosphère lors de la Peste Noire au XIVe siècle. Surtout, il fut, jusqu’à une période récente (et il le demeure dans divers pays), largement utilisé pour ses vertus eupnéïques et toniques : en témoignaient les suppositoires de Camphopneumine, les cigarettes anti-asthmatiques Savory & Moore ou un analeptique cardiovasculaire commercialisé en France jusqu’en 1997 (Solucamphre buvable ou injectable).

Mais un visage du camphre reste méconnu : ses propriétés psychostimulantes. Il était en cela déjà remarqué par la religieuse allemande Hildegarde de Bingen (1098-1179) qui en recommandait l’emploi : sa puissante odeur passait pour favoriser la disponibilité de l’esprit aux choses divines… Dans les pays anglo-saxons notamment, le camphre se trouva, du XVIIème au XXème siècle, absorbé dilué dans du lait ou de l’alcool, formulé en pilules ou injecté.

L’absorption d’une dose d’environ 1 g induisait, à en croire le pharmacologue allemand Louis Lewin (1850-1929) : « une chaleur cutanée de caractère agréable, une excitation nerveuse générale, le besoin de prendre du mouvement, des chatouillements et une stimulation intellectuelle particulière, extatique, ressemblant à de l’ivresse » ; à quelque 2 g, des adeptes décrivent un « ouragan de pensées ». L’usage, souvent abusif, induisait, outre de violentes irritations gastriques, des troubles psychiques avec amnésie et des signes neurologiques dominés par les convulsions.

Cette action fut d’ailleurs exploitée dans les années 30 par un médecin hongrois, Ladislas J. Meduna (1896-1964), qui préconisa des injections camphrées pour induire des convulsions réputées « thérapeutiques » en psychiatrie. Les propriétés stimulantes, décontracturantes, légèrement antalgiques et eupnéïques expliquent l’usage du camphre par voie systémique ou topique (ex : baumes chinois titrant plus de 25 % en camphre) chez les sportifs - mais il ne figure pas sur la liste des interdits du Code mondial antidopage -.

N’oublions pas cependant que si le camphre reste associé à divers topiques phytothérapeutiques, ses effets neurologiques parfois sévères expliquent que ces produits soient peu recommandés chez l’enfant de moins de 3 ans - voire jusqu’à 6 ans - (Afssaps 2008).

Le Quotidien du Pharmacien _ 2/06/2016


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